Succession · Mis à jour janvier 2026

Droits de succession entre frères et sœurs : le guide complet 2026

Taux, abattements, cas d'exonération et stratégies pour réduire la facture. Tout ce que vous devez savoir.

À retenir : La succession entre frères et sœurs est l'une des plus taxées en France. Sans anticipation, vous pouvez perdre 35 à 45% de votre héritage en droits.

Le barème applicable entre frères et sœurs en 2026

Contrairement à la transmission en ligne directe (parent-enfant), la succession entre frères et sœurs est soumise à un barème très défavorable :

Fraction de la part nette taxableTaux applicable
Jusqu'à 24 430 €35%
Au-delà de 24 430 €45%

L'abattement est de seulement 15 932 € par héritier frère ou sœur, contre 100 000 € pour un enfant.

Exemple concret : succession de 150 000 €

Votre sœur décède et vous laisse 150 000 €. Voici le calcul des droits :

ÉtapeMontant
Montant reçu150 000 €
Abattement frère/sœur— 15 932 €
Base taxable134 068 €
Droits sur les 24 430 premiers € (35%)8 550 €
Droits sur les 109 638 € restants (45%)49 337 €
Total droits à payer57 887 €
Vous recevez réellement92 113 €
Résultat : vous perdez 38,6% de l'héritage en impôts. Sur 150 000 €, vous ne recevez que 92 113 €.

Cas d'exonération totale entre frères et sœurs

Il existe une exonération complète de droits si les trois conditions suivantes sont réunies :

  1. L'héritier était célibataire, veuf(ve), divorcé(e) ou séparé(e) au moment du décès du défunt
  2. L'héritier vivait avec le défunt depuis au moins 5 ans avant son décès
  3. L'héritier est âgé de plus de 50 ans ou est atteint d'une infirmité l'empêchant de subvenir à ses besoins
Si ces 3 conditions sont remplies : exonération totale, aucun droit à payer quelle que soit la valeur de la succession.

Comment réduire les droits entre frères et sœurs ?

1. La donation de votre vivant

Votre frère ou sœur peut vous faire une donation de son vivant. L'abattement de 15 932 € se renouvelle tous les 15 ans. Ce n'est pas énorme, mais sur deux cycles (30 ans), c'est 31 864 € transmis sans impôt.

2. L'assurance-vie : la vraie solution

C'est la stratégie la plus efficace. En vous désignant comme bénéficiaire d'une assurance-vie, votre frère ou sœur peut vous transmettre 152 500 € avec une fiscalité bien plus douce (20% après abattement, contre 45% en succession). Pour les primes versées avant ses 70 ans.

3. Le testament en faveur du conjoint survivant

Si votre frère ou sœur est marié(e), son conjoint hérite en exonération totale. Les frères et sœurs ne sont héritiers en succession légale que s'il n'y a pas de descendants ni de conjoint survivant.

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Questions fréquentes

Un frère peut-il déshériter sa sœur ?

Oui. Les frères et sœurs ne sont pas des héritiers réservataires (contrairement aux enfants). En l'absence de testament, ils héritent selon l'ordre légal. Avec un testament, le défunt peut tout à fait exclure ses frères et sœurs et tout léguer à qui il souhaite.

Si je renonce à la succession, mes enfants héritent-ils à ma place ?

Oui, c'est la représentation successorale. Si vous renoncez à votre part, vos enfants peuvent la recueillir à votre place. Ils bénéficieront alors de l'abattement applicable aux neveux/nièces (7 967 €) et non de celui des frères/sœurs.

Y a-t-il un délai pour payer les droits de succession ?

Oui. Les droits doivent être déclarés et payés dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a lieu hors de France). Un paiement différé ou fractionné peut être demandé sous conditions.